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Un pasteur blessé ouvre le cœur : VICTOIRE SUR LE SILENCE

forest-868715 640            Je suis Jean-Marc, j’ai cinquante quatre ans. J’ai été pasteur dans les Assemblées de Dieu de France de 1989 à 2007. Il m’a fallu démissionner de mon poste pour raison de santé car j’ai craqué nerveusement. C’était un moment très douloureux pour moi car j’étais très attaché à mon ministère et commençais à entrer dans de bons projets pour le Seigneur. Seulement, c’est Dieu qui est maitre de la moisson et qui décide qui fait quoi et où.

            Un pasteur qui craque et qui démissionne, c’est triste mais hélas courant. Il existe plusieurs raisons à cela et chaque cas est particulier. Ceci dit, prions pour les serviteurs de Dieu car ils sont des cibles privilégiées pour le diable.

            Une cible, j’en étais une de qualité. Quand je me suis converti, je n’ai pas solutionné tous les problèmes de mon enfance. J’ai enfermé dans des lieux secrets des blessures, souffrances, événements très douloureux et graves. J’ai vécu dans le déni par rapport à ces situations pendant longtemps. Malheureusement, chacun sait qu’une blessure qu’on ne soigne pas s’infecte. Les dégâts alors sont catastrophiques.

            Mes blessures étaient bien présentes et je faisais tout pour les étouffer. D’ailleurs, je pensais qu’en exerçant mon ministère pastoral, en aidant des personnes à guérir de leurs blessures, je me guérissais moi-même en même temps. Mais ce n’est pas possible. On ne se guérit pas soi-même en guérissant les autres.

N’en parler à personne

            Très vite j’ai compris que j’avais des comportements dysfonctionnels et immatures. J’avais un peu honte de ces choses et préférais n’en parler à personne. Petit à petit ces comportements ont pris plus d’ampleur et j’ai commencé à me tourner vers certaines choses dont je suis tout simplement devenu esclave.

Au début ce n’était qu’un tout petit jeu et je pensais m’en sortir tout seul, sans l’aide de qui que ce soit. Mais non, je me suis enfoncé et très vite je me suis rendu compte que j’étais embourbé dans une addiction grave. A qui parler de cela ? J’avais peur et honte. J’étais gêné au plus haut point. Je me taisais car je pensais qu’on n’allait pas me comprendre, qu’on allait me juger, me rejeter, me retirer l’amour qu’on me portait. J’étais tout simplement malheureux.

Je continuais malgré tout à exercer mon ministère et je choisissais des messages d’encouragements pour l’église et cela me faisait du bien.

            Mais ma situation ne changeait pas, bien au contraire. Je m’enfonçais, m’enlisais de plus en plus et prenais beaucoup d’assurance dans ces choses honteuses que je pratiquais. Parallèlement à cela ma santé psychologique se dégradait. Je devenais dépressif. A cette époque j’avais l’occasion de parler à des médecins spécialistes de mon problème. Ceux-ci m’aidaient à comprendre pourquoi je faisais ces choses mais ne pouvaient pas m’aider à en sortir.

Je me retrouvais tout seul devant Dieu, priais, bien entendu, montrais ma détermination à changer de vie mais ne savais pas comment faire pour cela. Je n’osais me confier. J’étais fermé, paralysé par cette peur qui m’étouffait littéralement.

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