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Tant pis pour qui?

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Pardonne: Il est important de prendre du temps pour vivre ce processus afin de ne pas en souffrir plus encore plus tard.

 Rebecca Dernelle Fischer

Tant pis pour qui?

Avez-vous déjà profité de la fraîcheur d’une vieille église de pierre lors d’une promenade ?

Je connais un homme pour qui c’était la plus grande joie. Il partait durant l’après-midi, marchait plusieurs kilomètres pour enfin s’installer dans l’église luthérienne de la ville.

Durant tout l’été, les concerts d’orgues se suivaient mais ne se ressemblaient pas (bon disons, en tout cas pour ses oreilles de connaisseur). Cet ami aimait passer du temps à chercher les programmes des concerts, choisir ceux qui lui plaisaient, programmer ses promenades,...

Mais tout a bien changé. Depuis environ deux ans, vous ne trouverez plus cet homme assis sur un banc, savourant la fraîcheur de l’air et la beauté de la musique. Non, il n’est pas mort, ni malade, mais il est blessé, et sa blessure est intérieure.

Voici ce qui s’est passé...

Lorsque sa fille voulut se marier, elle demanda au pasteur de cette église l’autorisation d’y célébrer son mariage. Comme elle n’est pas membre de l’église luthérienne, le non fut catégorique.

Bien sûr, il aurait pu faire une exception, les futurs mariés ont tout essayé mais la réponse resta la même : non !

Et depuis, mon ami n’est pas retourné dans cette église : tant pis pour le pasteur et son église ! Tant pis, oui, mais... tant pis pour qui ?

Cette histoire me touche beaucoup. Je trouve qu’elle illustre très bien la question de la rancune et du pardon. Lorsque quelqu’un nous fait du mal, bien souvent, nous souffrons non seulement de la blessure infligée mais plus encore et bien plus longtemps de la rancune qui a fait son nid dans nos pensées et nos sentiments.

En effet, qui croyez-vous souffre de la situation présentée ? Le pasteur ? Je ne crois même pas qu’il a remarqué qu’un visiteur fidèle ne vient plus.

Je pense au contraire que la seule personne à qui cette situation fait du mal est mon ami. Il se prive d’une grande joie. J’imagine qu’il vous dirait que, même s’il retournait dans l’église, les concerts n’auraient plus de saveur. Ce qui pourrit son bonheur, c’est la rancune.

La rancune est comme un poison, elle gâche la saveur des choses. La rancune n’est pas une vengeance, elle perpétue notre souffrance, elle bloque notre vie et entrave NOTRE bonheur (et pas celui de l’offenseur).

La rancune, ce n’est pas tant pis pour lui... la rancune c’est « tant pis pour MOI ».

Dans nos milieux chrétiens, la question du pardon est parfois fortement simplifiée : pardonner est un devoir, ne pas pardonner est un péché. Mais parfois, il ne suffit pas de connaître une règle pour pouvoir l’appliquer.

Parfois la déception, la souffrance ou encore la peur que nous ressentons à la suite d’une offense est tellement forte et même présente physiquement qu’il semble impossible de pardonner.

Alors si en plus des sentiments de culpabilité viennent se mêler à la situation... cela devient très compliqué !

Mais qu’est-ce que le pardon ? Comment pardonner ? Peut-on tout pardonner ?

Ces questions préoccupent bon nombre d’entre nous. En particulier, le Docteur Fred Luskin qui a fait de ces questions son thème de recherche principal. J’ai

lu avec passion son livre « Pardonner pour de bon [1]». Ce dernier m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement de la rancune et du pardon.

Permettez-moi de partager certains de ses concepts de base. Tout commence lorsque nous vivons une déception : quelque chose que nous ne voulions pas nous arrive ou encore il ne nous arrive pas quelque chose que nous espérions.

La rancune naît lorsque la déception prend trop de place dans notre vie. Trois éléments se rassemblent.

Premièrement, nous nous sentons personnellement visés par l’offense (mon chef m’a virée pour me faire du mal).

Deuxièmement, nous mettons le blâme sur l’autre de notre malheur actuel (si je suis en colère contre les pasteurs c’est parce qu’il y a 10 ans l’un d’entre eux a raconté mon secret à d’autres personnes).

Troisièmement, nous nous plaçons dans un rôle de victime (si je bois aujourd’hui et que ma famille est malheureuse, c’est parce que ma propre mère n’a pas bien pris soin de moi).

Pour Luskin, le pardon c’est changer ces éléments.

Illustrons ce processus : Tout d’abord, il s’agit de retrouver ce qui n’était pas personnel dans l’offense. « Oui, mon patron m’a virée mais nous vivons une crise économique. Comme j’étais l’employée arrivée en dernier, je suis la première à devoir partir. Il ne voulait pas forcément me faire du mal. »

Ensuite, reprendre le pouvoir sur nos propres émotions et ne pas laisser l’autre être responsable de mon malheur. « Oui, ce pasteur m’a blessé en racontant mon secret à d’autres personnes. Cela m’a rendue triste et en colère, je me suis sentie trompé. Je ne peux rien changer à ce qui s’est passé mais je peux décider de ne plus être en colère. »

Et finalement, ne pas se mettre dans un rôle de victime, en nous laissant emprisonner dans un passé que nous ne pouvons pas changer. « Oui, ma maman m’a souvent laissé seule le soir pour sortir en discothèque quand j’étais enfant. Je me sentais seule et abandonnée. Cependant, je ne veux plus être la pauvre victime que tout le monde plaint.

« Je ne veux pas sombrer dans la boisson pour oublier cela. Comme je sais combien il est douloureux d’avoir 5 ans et d’être seule le soir en attendant que sa mère rentre saoule de ses soirées, je décide d’être là pour mes enfants. J’aimerais aussi donner de bons conseils à mes amies ou encore inviter leurs enfants de temps en temps chez moi. »

» Quand la rancune s’installe, elle nous empêche de développer notre potentiel... elle mange notre énergie. Pour Luskin, le pardon (qu’il différencie fortement de la réconciliation) c’est retrouver notre paix intérieure. Que tout soit clair, si vous pardonnez ce n’est pas pour faire plaisir à l’autre. C’est pour vous-même !

Il est d’ailleurs prouvé que pardonner est bon pour la santé.

Certains craignent qu’en pardonnant, ils pourraient relativiser ou encore approuver l’acte qui les a fait souffrir. Mais, pardonner c’est une décision personnelle qui ne concerne que vous : vous refusez de continuer à souffrir, vous cherchez la paix intérieure par rapport à cette blessure et vous vous concentrez sur les aspects positifs de votre vie.

Pour ce faire, il est tout d’abord important de comprendre ce que nous avons ressenti et ressentons par rapport à l’offense. Ensuite, de trouver une ou deux personnes de confiance à qui vous pourriez expliquer votre histoire, sans pour autant rechercher leur pitié.

Vous pourriez aussi écrire une lettre, reprenant tous les griefs que vous avez. Vous pouvez brûler celle-ci afin de symboliser le pardon (il est important d’avoir des images associées avec le pardon).

Vous pouvez aussi, par exemple, trouver un morceau de musique qui vous rappellera que vous avez choisi de pardonner. Il est alors important d’arrêter de ruminer ces souffrances et de vous concentrer sur les aspects positifs de la vie.

Bien souvent, nous croyons que nous n’avons pas de contrôle sur nos pensées et nos émotions, qu’elles nous submergent.

Réfléchissez à cette illustration : imaginez que vos pensées sont une télévision. C’est vous seul qui tenez la télécommande et qui pouvez décider de changer de chaîne. Dès lors que dans le film « cet enfoiré a gâché ma vie et rien ne sera plus jamais comme avant » passe soudainement, changez volontairement

de chaîne !

Comment ?

Tout d’abord, concentrez-vous simplement sur votre respiration. Rappelez-vous que c’est un cadeau de pouvoir respirer... Lorsque l’air rentre dans vos poumons, c’est un cadeau, lorsque vous expirez, détendez votre ventre.

Respirez profondément et cherchez ardemment les signes de beauté, de gentillesse et d’amour qui vous entourent. Pensez, priez et soyez reconnaissant pour les aspects positifs de votre vie (les collègues qui vous soutiennent, le coucher du soleil que vous avez vu dernièrement, l’odeur des fleurs au printemps,...).

Peut-être pensez-vous que certaines choses ne se pardonnent pas, mais en pensant cela, vous remettez entre les mains de votre offenseur la responsabilité de votre propre bonheur.

Peut- être voulez-vous pardonner trop vite. Il est aussi important de prendre du temps pour vivre ce processus afin de ne pas en souffrir plus encore plus tard.

En conclusion, imaginez, et si mon ami choisissait de pardonner ? S’il se concentrait de nouveau sur la fraîcheur de la vieille église de pierre et s’il savourait le cœur léger les concerts de l’été.

Ce serait tant mieux pour LUI !

[1] Docteur Fred Luskin (2007), « Pardonner pour de bon : le secret d’une vie heureuse et en santé », Editions Fidès.

Photo: Flickr, Creative Commons, Michael D Beckwith St Giles RC Church

Dernière modification lemardi, 03 novembre 2015 14:40

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